


Sophie Saporosi, photographe-plasticienne, présente
« à l’ombre des roches » à la galerie Le Vent se Lève de Sète.
Artiste italo-belge, Sophie est née à Charleroi en 1980. Pédopsychiatre, elle a arpenté les terres tourmentées du Rwanda, de la Guyane… avant de poser ses bagages dans l’Aude après les derniers confinements. Sophie Saporosi entretient un lien intime avec la photographie, média qu’elle pratique depuis 1998. Elle apprécie le travail en laboratoire et développe elle-même ses épreuves. Au Vent se lève, la plasticienne expose deux séries : des photographies noir et blanc tirées sur des fragments de béton, réalisées à l’aide d’une émulsion liquide argentique, et des superpositions d’images en couleurs sur des carrés grand format.

Ces deux séries ont un unique but : « attraper les fantômes ». Sophie « travaille dans les interstices », aux confins du certain, là où le calme dissimule parfois des espaces cabossés. « Plus c’est réel, moins c’est représentatif » confie-t-elle.
Au gré de ses expérimentations, l’artiste recherche un lien avec un ailleurs certes commun, mais que les mémoires tentent souvent d’effacer. L’exploration de ces bordures révèlent les « fantômes » et nos dérives anciennes. Ainsi ces deux enfants qui s’interrogent face à ce legs illusoire : un monde abimé et qui va cahin caha ou ce couple au regard triste.

Avec ce plan de Paris rehaussé de palmiers, la photographe montre la distance entre la métropole et les territoires d’Outre-Mer. Sophie Saporosi présente également un film intitulé : « Tour l’or du monde ». Sur une plage guyanaise, les flots jouent avec le corps d’un poisson mort. « C’est très questionnant ce qu’on fait actuellement à la Guyane ! » se désole l’artiste. Partout, ces « fantômes » interrogent le visiteur et le guident loin des géographies terrestres. A lui de saisir l’invitation et de cheminer en leur compagnie…
